En bref :

  1. ITIL 4 remplace le cycle de vie du service d’ITIL v3 par un système de valeur de service, piloté par des principes directeurs.
  2. Les anciens processus deviennent des pratiques, une nomenclature élargie à 34 entrées qui dépasse le seul périmètre informatique.
  3. Le modèle des quatre dimensions, absent d’ITIL v3, impose une vision plus large qu’une suite d’étapes à dérouler.
  4. La migration d’ITIL v3 vers ITIL 4 se conduit par étapes, elle ne demande pas de tout reprendre à zéro.

ITIL v4, plus couramment appelé ITIL 4 depuis sa publication par Axelos en 2019, n’est pas une mise à jour mineure du référentiel précédent. Il change la façon même de décrire la gestion des services informatiques : là où ITIL v3 déroulait un cycle de vie en cinq étapes, ITIL 4 organise le propos autour d’un système de valeur de service et de principes directeurs. Comprendre ces changements aide à situer les contenus plus anciens, encore largement en circulation, et à savoir lesquels restent utilisables tels quels.

Les principaux changements entre ITIL v3 et ITIL 4

Avant d’entrer dans le détail, un tableau de correspondance aide à visualiser où se situent les écarts.

ÉlémentITIL v3ITIL 4
Structure d’ensembleCycle de vie du service, cinq étapes séquentiellesSystème de valeur de service
Brique d’exécutionProcessus (environ 26)Pratiques (34)
Logique centraleEnchaînement d’étapesChaîne de valeur du service, six activités
Cadre de décisionPeu formaliséSept principes directeurs
Vision d’ensembleImpliciteModèle des quatre dimensions
Publication20112019

Ce tableau résume la forme. Le fond, la manière dont une organisation traite une demande ou un incident, change moins radicalement : une bonne partie du vocabulaire opérationnel reste reconnaissable d’une version à l’autre.

Du cycle de vie du service au système de valeur de service

ITIL v3 structurait tout son propos autour d’un cycle de vie du service en cinq étapes : stratégie des services, conception des services, transition des services, exploitation des services et amélioration continue des services. Chaque processus appartenait à l’une de ces étapes, ce qui donnait une lecture séquentielle, presque chronologique, de la gestion des services.

ITIL 4 abandonne cette séquence au profit d’un système de valeur de service, une structure qui met en relation les opportunités ou demandes à traiter, les principes directeurs, la gouvernance, la chaîne de valeur du service, les pratiques et l’amélioration continue. L’objectif affiché n’est plus de suivre des étapes dans l’ordre, mais de permettre une circulation flexible entre ces composants selon le contexte de chaque demande.

La chaîne de valeur du service et ses six activités

Au cœur du système de valeur de service se trouve la chaîne de valeur du service, qui remplace les cinq étapes du cycle de vie par six activités : planifier, améliorer, engager, concevoir et transitionner, obtenir ou construire, livrer et soutenir. Ces activités ne se succèdent pas dans un ordre fixe : une organisation peut les combiner selon ce qu’exige chaque demande, dans le prolongement de la logique de cycle de vie posée par ITIL v3. Cette flexibilité rejoint la logique de méthodologie ITIL, qui insiste sur l’adaptation du référentiel au contexte plutôt que sur son application mécanique.

Des processus aux pratiques : une nomenclature élargie

ITIL v3 décrivait une vingtaine de processus, comme la gestion des incidents, celle des changements ou celle des problèmes, chacun rattaché à une étape du cycle de vie. ITIL 4 reprend ce contenu mais le renomme en pratiques, et en porte le nombre à 34, réparties en trois familles : pratiques générales de gestion, pratiques de gestion des services et pratiques techniques.

Ce changement de vocabulaire n’est pas qu’une question de terme. Le mot « processus » évoque une suite d’étapes à dérouler, le mot « pratique » renvoie à un ensemble de ressources organisationnelles mobilisées pour atteindre un objectif, ce qui autorise une mise en œuvre plus souple. Le contenu technique de chaque brique reste cependant proche : une organisation qui distingue correctement la gestion des incidents de la gestion des problèmes sous ITIL v3 retrouve la même distinction sous ITIL 4, sous un nom différent.

Le modèle des quatre dimensions, une notion absente d’ITIL v3

ITIL 4 introduit un modèle des quatre dimensions, censé garantir une approche holistique de la gestion des services : organisations et personnes, information et technologie, partenaires et fournisseurs, flux de valeur et processus. Chaque pratique doit être examinée sous ces quatre angles avant d’être mise en œuvre, pour éviter qu’une décision technique ignore son effet sur les équipes ou sur les prestataires externes.

ITIL v3 abordait les considérations organisationnelles ou humaines processus par processus. Le modèle des quatre dimensions les rassemble dans un cadre commun, en examinant systématiquement les mêmes quatre angles, quelle que soit la pratique concernée.

Les sept principes directeurs, une nouveauté d’ITIL 4

ITIL 4 place en amont de ses pratiques sept principes directeurs : se concentrer sur la valeur, commencer là où vous êtes, progresser de façon itérative avec des retours, collaborer et promouvoir la visibilité, penser et travailler de manière holistique, rester simple et pratique, optimiser et automatiser. Ils servent de règles de conduite face à un arbitrage, et non d’étapes à dérouler.

Ce niveau de principes n’existait pas sous cette forme dans ITIL v3, dont la logique reposait davantage sur la description détaillée des processus que sur des règles transversales de décision. Le détail de chacun de ces sept principes directeurs d’ITIL 4 mérite un examen à part, ils conditionnent la façon dont les pratiques doivent être interprétées plutôt qu’appliquées au pied de la lettre.

Faut-il migrer d’ITIL v3 vers ITIL 4 ?

Aucun texte n’impose de délai pour abandonner ITIL v3. Le référentiel n’est plus mis à jour depuis 2019, mais une organisation qui l’utilise encore ne se retrouve pas en infraction : ITIL reste un ensemble de bonnes pratiques, pas une norme opposable. La question se pose surtout pour trois publics : les équipes qui préparent une certification, celles qui révisent leur documentation interne, et celles qui veulent aligner leur vocabulaire sur celui des recrutements récents, souvent formulés en termes ITIL 4.

La migration elle-même suit en général le principe directeur progresser de façon itérative : adapter le vocabulaire interne au fil de l’eau, documenter les pratiques existantes sous leur nouveau nom plutôt que de réécrire toute la documentation d’un coup. Les organisations qui envisagent une certification doivent vérifier les équivalences entre schémas, un sujet détaillé dans l’article sur les certifications ITIL : les certifications ITIL v3 ne donnent pas automatiquement accès au niveau correspondant en ITIL 4.

Questions fréquentes

Quelle est la principale différence entre ITIL v3 et ITIL 4 ?

ITIL v3 organisait la gestion des services autour d’un cycle de vie en cinq étapes séquentielles. ITIL 4 remplace cette logique par un système de valeur de service, piloté par des principes directeurs et une chaîne de valeur à six activités, pensé pour la co-création de valeur plutôt que pour l’exécution linéaire de processus.

ITIL v3 est-il encore utilisé aujourd'hui ?

Des organisations continuent de s’appuyer sur des pratiques héritées d’ITIL v3, notamment sur le vocabulaire des processus. Le référentiel officiel n’est toutefois plus mis à jour depuis la publication d’ITIL 4 en 2019, et les nouvelles certifications suivent désormais ce schéma.

Que sont devenus les processus ITIL dans ITIL 4 ?

Les processus d’ITIL v3 sont devenus des pratiques dans ITIL 4, une nomenclature élargie à 34 pratiques réparties en pratiques générales, pratiques de gestion des services et pratiques techniques. Le contenu opérationnel de chaque brique reste proche, mais leur articulation d’ensemble a changé.

Faut-il repasser une certification pour passer à ITIL 4 ?

Les certifications ITIL v3 ne donnent pas automatiquement droit au niveau équivalent en ITIL 4 : un parcours de transition ou une nouvelle certification est nécessaire. Le détail des niveaux et des équivalences est traité dans l’article dédié aux certifications ITIL.